Samedi 11 février 2012 Participation à l’émission "Chroniques Rebelles" sur Radio Libertaire de 13 h 30 à 15 h 30. (Voir en page Articles de presse)

Mercredi 22 février 2012 Témoignage du Père Samih Raad, ancien curé de Maasser-ech-Chouf. (Lire en page accueil dans la rubrique Documents)

2009 et 2010 Vidéos sur le massacre de Maasser-ech-Chouf le 9 septembre 1983. (Voir en page accueil dans la rubrique Documents)

Samedi 10 mars 2012 Interview dans la chronique "Le Livre du jour" de Philippe Vallet sur France Info. (Ecouter émission )

Mercredi 27 mars 2012 Entretien avec Marc François dans Info Magazine

Mercredi 4 avril 2012 Critique du livre dans Actua litté (Le monde de l’édition) par Adrien Aszerman. (Voir en page Articles de presse)

Samedi 16 juin 2012, de 16 h à 18 h. Café littéraire de l’ADELF (Association des écrivains de langue française), "Café des fous", 8 rue de Montfaucon, 75006 Paris (métro Mabillon). Denis Langlois parlera du "Déplacé". contact@adelf.fr


Le déplacé

Un avocat français, militant révolutionnaire déçu, est chargé d’une étrange mission au Liban. Il s’agit de retrouver la trace d’un nommé Elias Kassem qui a disparu au cours de la guerre du Liban, lors des affrontements entre Druzes et Chrétiens.

Le silence, la gêne de ses interlocuteurs, les obstacles rencontrés, lui font vite comprendre que cette disparition – ce « déplacement » – est beaucoup plus mystérieuse qu’il n’y paraît.

D’un monastère au-dessus de la baie de Jounieh jusqu’aux montagnes du Chouf (le village tragique de Maasser-el-Chouf), en passant par un Beyrouth en reconstruction, il découvrira la réalité de la guerre, ses atrocités et la difficulté pour les différentes communautés à revivre ensemble après s’être massacré entre voisins.

Récit contre la guerre porté par une belle écriture, ce livre est aussi une quête initiatique. Comment ne pas être un déplacé dans une société tragique où l’être humain a si peu d’importance ?

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Documents

- Témoignage du Père Samih RAAD, ancien curé de Maasser-el-Chouf (22 février 2012)

Le « déplacé » ! Un mot qui m’a collé à la peau pendant 21 ans. Vingt-et-une longues années, de 1976 à 1997. Si je comprends très bien le sens de ce terme, si j’en comprends d’autant mieux l’essence, la signification profonde, excusez-moi, c’est parce qu’il ne s’agit ni d’un adjectif, ni d’un titre mais bien d’un état que Me Langlois a réussi à décrire tout au long de sa nouvelle œuvre « Le Déplacé ».

Me Langlois est parvenu à entrer dans le noyau de la problématique libanaise. Il a parfaitement appréhendé la notion des entités chrétien-libanaise et druze-libanaise.

J’ai été déplacé... Comme beaucoup de chrétiens de la Montagne, j’ai été la victime innocente de ces déplacements. Quand on nous a entassés dans des camions, nous étions toujours des êtres vivants mais, de l’humain, nous n’en avions plus que l’apparence, sans, pour autant, être devenus des animaux.

Ils ont réussi à déplacer nos corps, certes, mais seulement nos corps, car nos racines étaient restées implantées dans l’amour et la tendresse de notre terre. En déplaçant nos corps, ils ont déplacé nos blessures, les images indélébiles de tous ces tués, le souvenir des nôtres encore détenus, l’insoutenable vue des handicapés, à jamais martyrs vivants…

Le retour à Maasser-el-Chouf, en 1996, fut un point historique, un repère dans la vie, un tournant dans l’histoire de la Montagne pour les chrétiens exilés. Ce fut un enjeu non seulement en raison du grand nombre de martyrs tombés à Maasser mais aussi et surtout du fait du tissu social très complexe de ce village. Si complexe soit cet imbroglio social, Me Langlois a réussi à en faire une description pertinente.

J’ai été le premier curé de Maasser, après le retour de ses chrétiens. J’ai été le premier curé à habiter son presbytère, après le martyr enduré par mon prédécesseur. La place de l’église… les murs de l’église… le chemin vers le cimetière… les impacts des balles… l’odeur de la fumée… l’odeur du sang… les appels au secours… tout cela je l’ai entendu, je l’ai vu, je l’ai senti au tréfonds de mon être. C’est comme si le paysage lui-même avait été imprégné et suintait désormais. Je l’ai humé dans le froid du mois d’octobre avec l’odeur de l’encens. Je l’ai inhalé avec le parfum des fleurs du mois de mai… Maasser, que tu es belle ! Que tu es insaisissable !

« Le Déplacé » de Me Langlois est un témoignage vrai sur la souffrance de beaucoup de nos fidèles chrétiens, de beaucoup de nos concitoyens musulmans-druzes. J’ai entendu crûment les mêmes propos que ceux rapportés par Me Langlois dans un style autrement littéraire.

Le déplacé dont il est question, personnage central de l’œuvre de Me Langlois, retrace quelque chose de moi, quelque chose de nous chrétiens, sans toutefois, tous nous représenter.

Le nom même que Me Langlois a choisi pour son héros, « Elias Kassem », est emprunt d’une étrange coïncidence. C’est l’osmose entre deux prénoms très usités : Elias, chez les chrétiens et Kassem, parmi les druzes.

Des questions cependant demeurent et m’interpellent après notre retour à Maasser en 1996 et à Kfarnabrakh, mon village, en 1997. Que signifie ce retour pour nous chrétiens ? Que signifie ce retour pour nos concitoyens druzes ? Quels enseignements en tirer si l’histoire se répète à nouveau dès lors que les chrétiens comme les druzes n’ont toujours pas une vision commune du Liban ? Elias Kassem, le héros du récit de Me Langlois a choisi, comme j’ai choisi, de rester en dehors des règles de leur jeu ou de leurs jeux. Nous avons notre Liban… ils ont leur Liban. Nous avons notre Maasser… qui est différente de leur Maasser. Nous avons notre Kfarnabrakh… ils ont leur Kfarnabrakh.

Ce héros, bien qu’il ait décidé comme tant d’autres d’être en marge de cette trame complexe, reste pourtant le personnage central de l’œuvre de Me Langlois.

Le visible n’a pas d’importance, le plus important est le cœur et ce qui est dans le cœur.

Liste des victimes du massacre du 9 septembre 1983 à Maasser-el-Chouf (intérieur de l'église)

Liste des victimes du massacre du 9 septembre 1983 à Maasser-ech-Chouf (intérieur de l’église de Maasser)

- The Independent

Five hours of hate town can’t forget

En octobre 1995, le journaliste anglais Robert Fisk (Prix Amnesty International 2000) a publié dans "The Independent" un article sur le massacre de Maasser-ech-Chouf.

http://www.independent.co.uk/news/world/five-hours-of-hate-town-cant-forget-1579979.html

- You Tube

Masser El Chouf Massacre September 9 1983

The Cedar of Maaser

Deux vidéos mises en ligne en 2009 et 2010 concernent le massacre du 9 septembre 1983.

La première en langue anglaise a été réalisée par une internaute nommée EternetFisher. Son but est essentiellement de rappeler le nom des victimes. Elle a donné lieu a des polémiques, car elle désigne les auteurs du massacre : les druzes du village. Cependant elle rappelle aussi que certains druzes ont sauvé des chrétiens. Dans d’autres villages, ce sont des druzes qui ont été massacrés.

- Masser El Chouf Massacre September 9 1983

http://www.youtube.com/watch?v=RcWTtRyv16w

- La seconde vidéo en langue arabe a été réalisée par Elie Mansour. Elle raconte l’histoire d’une femme qui a survécu au massacre. Elle comporte de nombreuses vues de Maasser, mais aussi plus généralement des photos de la guerre du Liban.

- The Cedar of Maaser

http://www.youtube.com/watch?v=W71l6aQP-Jo&context=C44da4e9ADvjVQa1PpcFPSPDYxpHKDTdT8ZpVnys76taBTgR4uKbQ=

J’ai décidé de faire figurer les liens de ces vidéos sur mon site, car plusieurs lecteurs me les ont signalées, le massacre de Maasser constituant le point crucial de mon livre. Chacun pourra se faire librement une opinion sur cette tragédie.

D.L.


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Premiers chapitres


Eglise de Maasser ech Chouf ( Liban ) en 1998


Montagne au dessus du village de Barouk (Liban)


Monument druze entre Baakline et Bakaata ( Chouf-Liban)


Village de Maasser ech Chouf (Liban). Pendant la guerre civile, le 9 septembre 1983, soixante-trois civils chrétiens habitants du village y furent massacrés. Le couvent Mar Mikhael (bâtiment surmonté d’une croix), dévasté durant la guerre, est devenu un hôtel.


Deir Dourit (Liban) Monument dressé à l’endroit où Kamal Joumblatt (le père de Walid Joumblatt) a été victime d’un attentat le 16 mars 1977.



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